samedi 19 novembre 2016


Palais de Justice, un sort toujours incertain. Une histoire qui dure depuis 72 ans

Le dimanche 3 septembre 1944, dans l’après-midi, la 2e division blindée britannique commandée par général Brian Horrocks, pénètre dans Bruxelles par l’avenue de Tervuren. Les derniers occupants allemands de la capitale belge se retirent prudemment vers l'est. Mais avant leur départ, ils boutent le feu au Palais de Justice avec l'aide de quelques rexistes et autres membres du VNV.
3 septembre  1944 : le  Palais de Justice de Bruxelles incendié 
Leur objectif commun:
détruire les documents comprommettant qui se trouvent là.
Les habitants du  quartier populaire des Marolles se mobilisent  pour lutter contre l'incendie mais ils n'empêcheront pas l'effondrement de la coupole qui coiffe le plus important bâtiment jamais construit dans le monde.

Un événement oublié

Des dégâts considérables 
Cet événement – de peu d'importance en comparaison de la libération de la ville – n'a guère laissé de traces dans la mémoire collective...ni sur internet (juste deux ou trois photos extérieures). Et pourtant...
Nous avons retrouvé récemment une série de photos prises  par un photographe professionnel . Et elles sont impressionnantes. 
Si nous montrons quelques unes de ces photos, c'est qu'en 1944 l'Etat belge propriétaire du bâtiment aurait pu profiter de cette justification  exceptionnelle
pour raser cet  édifice  aussi prestigieux que ruineux. 


La nouvelle coupole du Palais de Justice 

 Il n'en fit rien. Bien au contraire. Malgré les difficultés économiques de l'après-guerre
le Palais de Justice retrouva rapidement sa splendeur et fut doté d'une nouvelle coupole  plus spectaculaire que l'originale.
C'était il y a septante ans. 

Un symbole international

Le Palais de Justice fut  ainsi consacré à juste titre comme un des  monuments emblématiques de Bruxelles, semblable  à la Tour Eiffel parisienne, au Parthénon athénien  ou aux pyramides cairotes. Il suffit d'ailleur de se placer au pied du Palais de Justice, sur la terrasse qui domine la ville, pour comprendre . Dans le même axe on touve la basilique de Koekelberg, soeur jumelle du Palais et,
La flèche de l'hôtel de ville de Bruxelles 
entre les deux, la flèche de l'Hôtel de ville de Bruxelles. Tout un ensemble symbolique d'une importance CAPITALE.
Le décor de la Grand'Place, qui attire des millions de touristes chaque année, vient d'ailleurs d'être entièrement restauré et redoré à l'or fin...(pour la dernière phase de ces travaux, un investissement d'un millions et demi d'euros, plus que justifié vu la réputation légendaire de la plus belle place du monde)
La Grand'Place de Bruxelles entièrement rénovée et redorée
Mais c'est un sort exactement inverse qui menace toujours le Palais de Justice ... Il est enchassé dans des échafaudages perpétuels destiné à sa restauration mais  qui finissent par rouiller inutilement depuis trente ou quarante ans. 
Le Palais de Justice emmailloté depuis trente ans dans des échafaudages
qui n'ont servi à rien 
Son propriétaire, le Ministère de la Justice et – forcément – l'Etat belge et sa la Régie de Bâtiments publics laissent pourrir sur pied l'emblème titanesque de la “ville-capitale”. Un
Le fabuleux décor du Palais de justice,
 malgré tout
peu comme si Paris considérait tout à coup la Tour Eiffel comme un tas de ferrailles inutiles, comme si Le Caire rasait 
ses pyramides, simple tas de caillasses, pour faire place à un  quartier moderne...Et enfin comme si Athènes vendait son Parthénon aux...Anglais pour rembourser les créanciers de la Grèce. Voilà où  on en est  trois quarts de siècle  après la somptueuse restauration de l'après-guerre de ce Palais de Justice qui fut inauguré en 1883, six ans avant la Tour Eiffel, donc . 

Régulièrement le Palais de Justice de Bruxelles fait l'objet de nouvelles propositions pour “sauver les meubles” . Ainsi un député libéral d'Ixelles , Gautier Calomne, appuyé par ses colistiers bruxellois, vient de demander le maintien de la fonction judiciaire au sein du Palais. C'est bien un minimum et c'est assez dire que l'heure est grave.

Il devrait donc être prioritaire qu'un accord tripartite - entre la Ville de Bruxelles, la région Bruxelles-Capitale et l'Etat fédéral - soit conclu afin qu'aucune décision ne puisse être prise sans l'accord unanime de ces trois parties.

Une question (impertinente?) de chiffres...

La première pierre du Palais de Justice a été posée le 31 octobre 1866 et l'inauguration a eu lieu 17 ans plus tard, le 15 octobre 1883. Cinquante millions de francs-or ont été investit dans ce gigantesque chantier, soit l'équivalent actualisé de 500 millions d'euros. Aujourd'hui, la location de bureaux de remplacement autour du Palais de Justice coûte 20 millions d'euros chaque année... Sans compter les frais d'échaffaudages inutiles. Faites le compte, en 30 ans l'ardoise dépasse les  600 millions d'euros...

...Et de timing

Les dégâts de 1944  
On avance - avec des cris horrifiés - qu'il faudrait dix années de travaux pour restaurer le bâtiment dans sa totalité. Avec à la clé, quand même, de solides économies.
Mais - question finale: combien de temps a-t-il fallu en 1944 pour obtenir le même résultat, remplacement de la Coupole compris?

Notes: Voir aussi les articles précédents sur le Palais de Justice (21/11/2015 et 18/10/2015) ainsi que la Promenade n°5 qui débute au Palais de Justice

jeudi 27 octobre 2016

L'art nouveau toujours à défendre contre les promoteurs avides

L'Hôtel Dansaert construit par Jean Baptiste Dewin 
Architecte bruxellois, Jean-Baptiste Dewin opère habilement la transition entre l'Art nouveau et l'Art déco. Une de ses oeuvres les plus intéressantes, l'hôtel Dankaert – du nom de son premier propriétaire - se trouve au 33 rue Meyerbeer à Forest. Le 7 juillet 2016, il y a tout juste quatre mois, la Région de Bruxelles-Capitale a classé cet édifice ainsi que...la moitié seulement de son vaste jardin. 
Porte d'entrée de l'Hôtel Dankaert 
Une société immobilière gantoise, Immograda, a mis à profit cette demi mesure pour introduire un projet immobilier hors de toutes proportions auprès de la Région: un immeuble de six étages (51 appartements, 67 parkings)- deux fois plus haut que la maison classée. Inutile de préciser que la quasi totalité des arbres du parc seraient littéralement ratiboisée et que l'hôtel Dankaert apparaîtrait comme une véritable incongruité urbanistique.
Derrière la grille en fer forgé dessinée par J.-B. Dewin,
le parc de l'hôtel Dansaert tel qu'il se présente actuellement 
















L'enquête publique concernant ce projet immobiler a débuté le 27 octobre et sera clôturée le 10 novembre. La commission de concertation se réunira le 29 novembre.

Une pétition vient d'être lancée pour s'y opposer. Vous trouverez en fin d'article les coordonnées de ce mouvement citoyen.

Deux précisions complémentaires:
Détail de la façade de la maison
construite par Paul Hamesse
au 17 rue Meyerbeer 




au 17 de la même rue Meyerbeer on trouve un maison construite en 1908 par Paul Hamesse, un des plus importants architectes de l'Art nouveau bruxellois;


Porte d'entrée
 de la maison personnelle
 de J.-B. Dewin 
  

- la maison personelle de Jean-Baptiste Dewin se trouve  à une centaine de mètres seulement, au 172 avenue Molière. 








Ces deux bâtiment montrent bien l'importance qu'a pris l'Art nouveau dans ce quartier



Pour plus d'infos et obtenir le texte de la pétition : www.notrehistoire.be




jeudi 20 octobre 2016

Le Musée Horta s'agrandit

Jules Brunfaut, dont le chef d'oeuvre architectural est incontestablement l'Hôtel Hannon, construit en 1902 (voir promenade n°3), aura donc son nom définitivement associé à celui de Victor Horta. 

La Maison Hilst construite en 1900 par Jules Brunfaut,
à côté de la maison personnelle de Victor Horta (1898)
En 1900, au 27 de la rue Américaine, il construit pour M. Hilst une maison inspirée du style siennois mais  marquée aussi par le goût typique pour l'asymétrie de l'Art nouveau bruxellois. Heureux hasard, elle jouxte la maison personnelle que Victor Horta s'est construite en 1898 au 25 rue Américaine.

Rappel historique: en 1961, la commune de Saint-Gilles rachète la Maison Horta et son atelier dans le but de la transformèrent  un Musée voué à la gloire de l'architecte. A l'époque, ce geste est considéré comme extraordinairement audacieux car l'Art nouveau est toujours la cible de tous les sarcasmes et de tous les mépris.

Un demi-siècle plus tard, la Commune de Saint-Gilles a l'occasion d'acquérir  la Maison Hilst et de doubler d'un seul coup le Musée Horta.

La cuisine (authentique) de Victor Horta 
Les travaux d'aménagement dureront une vingtaine de mois. Et c'est aujourd'hui 20 octobre 2016 que le Musée Horta devient un TRES GRAND MUSEE INTERNATIONAL.  
A preuve (amusée), la cuisine de Victor Horta, inaccessible jusqu'à présent, fera partie de la visite (même si la cuisinière n'a manifestement pas été dessinée par l'architecte)

L'opération agrandissement arrive à son heure. On peut même dire qu'il était plus que temps. En 2015, la maison Horta a reçu plus de 65 000 visiteurs contre 2000 en 1970 (année de son ouverture). Un chiffre énorme (200 à 250 visiteurs par jour)  pour ce qui n'est tout de même qu'une maison particulière. Un chiffre aussi qui prouve l'extraordinaire réputation de ce musée exceptionnel. 

La toute nouvelle salle d'exposition avec l'exposition 
Jeux d'ombres et de lumières,
L'Art nouveau revisité par cinq artistes.
Outre l'entrée du musée, l'extension Brunfaut comprend une cafétéria, une bibliothèque consacrée à l'Art nouveau, un local d'archives sécurisé et une grande salle d'exposition. L'exposition inaugurale Jeux d'ombres et de lumières, l'Art Nouveau revisité par 5 créateurs...(Katty Castiau, Julien Lambert, Geert Pattyn, Côme Perché et Aurélie Ranalli).
Suivront au printemps 2017, une exposition d'un céramiste polonais, Henryk Lula et à l'automne 2017 une exposition de peintures et dessins d'Henry Van de Velde, autre grand belge  fondateur de l'Art Nouveau.


Le jardin Horta dans son état actuel














Enfin, grâce à cette extension, le jardin de la maison Horta toujours en friche sera enfin réaménagé comme l'avait voulu Victor Horta.
Détail de la façade
du 53 rue Américaine














P.S. / Signalons au passage que l'on trouve au 53 rue Américaine une autre très belle réalisation de  l'Art nouveau bruxellois. Elle est signée Camille Damman.



lundi 29 août 2016

L'Art nouveau bruxellois toujours martyrisé


L'Art nouveau a beau rendre la capitale de l'Europe particulièrement attractive, cela n'empêche en rien de constater régulièrement des dégradations ou négligences qui à la longue deviennent tragiques.
Exemple: le quartier Saint-Boniface à Ixelles célèbre pour son ensemble de neuf maisons construites autour de 1900 par Ernest Blerot. On y voit des sgraffites se dégrader depuis des années sans que personne ne fasse le moindre effort pour les restaurer alors qu'il y a plusieurs véritables spécialistes en ce domaine. Bref la dégradation progresse de façon spectaculaire. Démonstration en quatre photos
Maison construite en 1901 par Ernest Blerot 
au 12 rue Ernest Solvay
Haut de la façade photographié le 28 mai 2007
Détail du grand sgraffite de droite  (28 mai 2007)


Haut de la façade photographié le 23 août 2016

                                                  Même détail le 23 août 2016
                                                     
Ces sgraffites ont résisté plus d'un siècle en conservant presque tout leur éclat et puis soudainement, en quelques années, ils sont rongés par la pollution ambiante.  De quoi s'inquiéter au passage sur l'air que l'on respire dans la capitale de l'Europe. Voici ailleurs dans le même quartier, le sgraffite dominant la porte d'entrée de la "VILLA  KJOBENHAVN"  construite par Gustave Strauven au 52 rue Souveraine.En quelques années les coloris ont presque totalement disparu.
Photo du 28 mai 2007
Photo du 23 août 2016


Pur sadisme


La maison construite par Albert Roosenboom
dans son état actuel
Sgraffites, fenêtre et porte d'entrée
de plus en plus abimées


Rue Faider , le cas de la maison construite par Albert Roosenboom en 1900 est, si possible, encore beaucoup plus dramatique et d'autant plus inquiétant qu'il s'agit d'un des chefs d'oeuvre incontestable de l'Art nouveau bruxellois. 
Nous avions déjà signalé il y a trois ans la dégradation spectaculaire du grand sgraffite attribué à Privat Livemont qui entoure la grande baie du troisième étage . La tache noire est toujours noire et l'état général de la façade  se dégrade un peu plus chaque jour.

La fenêtre centrale du second étage est désormais occultée par une planche en bois du plus bel effet misérabiliste et la porte d'entrée a peut-être bien été la cible de quelques vandales. Et tout cela pour une oeuvre majeure qui s'inscrit dans la première promenade "découverte de l'Art nouveau"à Bruxelles puisqu'elle relie l'Hôtel Solvay (signé Horta) à la maison personnelle de l'architecte (Musée Horta), en passant devant des maisons signées Roosenboom, Hankar ou Van Rysselberghe. On ne s'étonne donc pas de l'effarement des touristes découvrant ce désastre en train de s'accomplir.

Capture d'écran du Télérama du 14 août
(Ajoutons encore, pour les âmes sensibles,  la “redécouverte” récente - dans un entrepôt squatté (et dans un état lamentable) - de la façade de l'Hôtel Aubecq, chef d'oeuvre de Victor Horta démoli dans les années '50. Cette redécouverte fait grand bruit même à l'étranger comme en témoigne l'article de Charlotte Landru-Chandès publié ce 14 août dans Télérama: “L'hôtel Aubecq de Victor Horta, un bijou achitectural condamné à l'errance”. Pour lire cet article et pour écouter l'interview correspondante de Mme  Françoise Aubry, conservatrice du Musée Horta. http://www.telerama.fr/scenes/l-hotel-aubecq-de-victor-horta-un-bijou-architectural-condamne-a-l-errance,146118.php




jeudi 31 mars 2016

Passions humaines, Cinquantenaire et Maison Cauchie



Les Passions humaines de Jef Lambeaux
Le Pavillon des Passions humaines se trouve à quelques mètres seulement de la Grande Mosquée de Bruxelles 
Pour des raisons (1) qu'il serait un peu fastidieux d'expliquer ici, le Pavillon des Passions humaines abritant l'oeuvre magistrale du sculpteur Jef Lambeaux n'est accessible que du début du printemps au début de l'automne les mercredis, samedis et dimanches entre 14 et 16h30. La saison a débuté le 26 mars. Il faut donc être un peu organisé pour aller acheter un ticket d'entrée (2,50euros) au guichet du Musée du Cinquantenaire. Et puis traverser le parc en diagonale: promenade délicieuse.  
Le parc du Cinquantenaire: un parc créer en 1880 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la création de la Belgique....


Le Pavillon des Passions humaines abrite une sculpture extraordinaire à tous égards. C'est un bas relief gigantesque. 
Les Passions humaines de Jef Lambeaux 
Une expression de la volupté qui a
fait frémir plus d'une âme bien pensante
Il mesure 14 mètres de longueur et 8 mètres de hauteur. Il est composé de 17 blocs de marbre blanc de Carrare et pèse plusieurs dizaines de tonnes. Avec cette oeuvre, à laquelle il a consacré douze années de sa vie entre 1886 et 1898, Jef Lambeaux a voulu figer dans le marbre une allégorie des plaisirs et des malheurs de l'humanité: maternité, séduction, jeunesse, joie, débauche, guerre, viol, suicide ou meurtre et damnation. La mort domine la composition flanquée à gauche par les Grâces et à droite par les légions infernales. A l'extrême droite, le Christ en croix. Aujourd'hui encore l'oeuvre de Lambeaux suscite la controverse (1)

Au Musée du Cinquantenaire
Charles Van der Stappen Le Sphinx mystérieux
Cette oeuvre fascinante en ivoire et argent, 
 très emblématique de l'Art nouveau bruxellois, fut présentée 
à l'Exposition coloniale de 1897
Vitrail d'inspiration
moderniste
Vous pouvez aussi prendre un ticket valable pour le Pavillon des Passions humaines et le Musée (8 euros) car le musée du Cinquantenaire abrite une petite mais magistrale collection d'objet et de sculptures réalisés par les plus grands artistes belges fin de siècle, dont Philippe Wolfers et Charles Van der Stappen.
Elles sont présentée dans les vitrines des anciens magasins de l'orfèvre Philippe Wolfers, bâtiment construit et meublés par Victor Horta en 1909, au 11-13 rue d'Arenberg à Bruxelles. Les meubles ont été offerts par la Kredit Bank  au Musée du Cinquantenaire  lorsqu'elle a pris possession de l' édifice. Celui-ci a été restauré en 2003.
Dans les vitrines créées  par Victor Horta
trois statuettes féminines
en ivoire, marbre, perles ou métal de Philippe Wolfers 
Après la visite du Musée, promenez vous sous ses arcades du Cinquantenaire. Elles sont notamment décorées de fresques signées Émile  Fabry, peintre symboliste.
Oeuvres d'Emile Fabry, peintre symboliste, sous les arcades du Cinquantenaire

La maison Cauchie.
Enfin, si vous avez la bonne idée de passer à Bruxelles le premier week-end du mois, vous pourrez aussi visité dans la foulée la maison de Paul Gauchie, architecte, peintre et  grand maître du sgraffite (il a décoré  400 maisons).La sienne se trouve au n°5  de la rue des Francs, à deux pas du musée. La façade  est un chef d'oeuvre  mais l'intérieur qui ne se visite que les premiers samedi et dimanche du mois est absolument incontournable.

Bijou Art nouveau entièrement préservé, la maison Cauchie est ouverte au public le premier week-end de chaque mois de 10h à 13h et de 14 à 17H30
Prix d'entrée : 5 euros
 Puisqu'on parle de sgraffite, toujours dans le quartier, mais de l'autre côté du parc, du 6 au 16 rue  Murillo  
on trouve  une série de maison modestes qui présentent toutes un décor étonnant de sgraffites. En voici un échantillon.
                       Décors en sgraffites  des maisons de la rue Murillo 


Malgré nos recherches, il ne nous a pas toujours été possible de déterminer la date du décès des architectes ou des artistes ayant réalisé une oeuvre montrée dans cet article ou de contacter leurs ayants droit. Toute précision ou information  sera immédiatement prise en compte. Sans autorisation, le ou les documents photographiques concernés seront immédiatement retirés. . 
Toutes les photos de ce blog sont de l'auteur 

(1)Artiste forcément très controversé pour son sens aigu de l'humanisme et de l'érotisme, Jef Lambeaux a créé à la fin du XIXème siècle une oeuvre qui suscita beaucoup de polémiques. Les âmes bien pensantes condamnaient cette commande d'Etat fort indécente...
Deuxième polémique: l'histoire retiendra que l'architecte et le sculpteur n'étaient d'accord sur rien. Le premier voulait un pavillon ouvert, d'où les colonnades, le second un pavillon fermé. C'est la volonté de Jef Lambeaux qui l'emporta en 1906, sans intervention de l'architecte...
Autre polémique toujours en cours : le lieu choisi était au départ  situé à deux pas du Pavillon oriental construit pour l'Exposition internationale de Bruxelles organisée en 1880 ( Cinquantième anniversaire de la Belgique.... ) . En 1967 ce pavillon, délabré, a été offert  par le Roi Baudouin au Roi Fayçal d'Arabie saoudite pour qu'il en fasse ...la Grande Mosquée de Bruxelles.  Le cadeau - en fait un bail emphytéotique de 99 ans comprenait aussi...le terrain et le pavillon des Passions humaines, pas vraiment en adéquation avec les convictions saoudiennes. En 1980, l'Arabie tenta de démonter le bas relief  de Lambeaux mais fut stoppée dans son élan par la Commission royale des Monuments et sites... Tout ceci explique que vraisemblablement jusqu'en 2066 les Passions humaines ne seront visibles au printemps et en été que le mercredi , le samedi et le dimanche entre 14h et 16h30... à moins que le Pavillon ne soit un jour déplacé vers un autre lieu du Parc du Cinquantenaire.

mercredi 9 décembre 2015

ART NOUVEAU? Non mais presque


Les oeuvres peintes à quatre mains ne sont pas très fréquentes, même dans l'art contemporain.
Couverture du catalogue de l'exposition
Solide sculpture et divertissement pour
peinture à quatre mains
En 1963, le Belge Pierre Alechinsky et le Chinois Wallasse Ting tentent l'expérience. Le résultat : douze peintures et dix aquarelles qui furent exposées en même temps que des sculptures de Rheinhoud à la Galerie de France à Paris. Le titre étrange  SOLO DE SCULPTURE ET DIVERTISSEMENT ARRANGÉ POUR PEINTURE À QUATRE MAINS annonçait bien la bizarrerie de la "chose". On était en octobre 1963. 
Dans le catalogue de cette exposition Alechinsky écrit: J'avais invité Walasse Ting à venir faire des séances de peinture à quatre mains (comme on dit de piano), c'était une manière de s'obliger...
Avec lui traverser sans la voir la forêt des raisons de ne rien peindre. Je connais maintenant ces plaisirs-là, rares; le coup d'oeil de connivence, ne plus être seul mais des complices aux responsabilités mal définies; gagner ensemble une personnalité seconde, différente de chacune des deux nôtres”.
"Le Secret"  par Hauserzberg
C'est à cette expérience rare – gagner une personnalité seconde, différente de chacune - que se sont livréescinquante ans plus tard et sans retenue deux jeunes femmes peintres aux tempéraments bien affirmés  Et elles ont été complices jusqu'au bout. Chacune dans son style et chacune dans sa différence. Le résultat est là, entre poésie, fantastique et symbolisme.  Autant dire une version subjective,  revue et modernisée d'un Art nouveau déjà vieux de plus d'un siècle: sept huiles quasiment monumentales (180/200 voir 200/275 cm) aussi séduisantes qu'impressionnantes. Et elle sont signées à quatre mains HAUSERBERG  pour Gwendoline Hausermann et Corinne Vanden Berghe

C'est à voir jusqu'au 20 décembre
du jeudi au dimanche
à 
L'Espace 13
13 rue Jorez à Anderlecht
Contact : www.espace13.org 

email: contact@art-the.org
"La Robe noire" par Hauserbergh